Parafoudre modulaire à cartouches débrochables installé dans un tableau électrique, câblé près de la barrette de terre

Parafoudre modulaire : quand la NF C 15-100 l’impose et comment le câbler


Un client vous appelle après un orage : box, volets roulants, carte électronique de la chaudière ou borne de recharge, plusieurs équipements sont hors service, alors que le disjoncteur n’a pas bougé. Une surtension est passée par l’installation, et la question qui suit est toujours la même : le parafoudre était-il obligatoire, et était-il correctement posé ?

Sur un chantier, la difficulté est double. Il faut d’abord déterminer sans ambiguïté si la NF C 15-100 impose le parafoudre, puis le choisir, le protéger et le câbler pour qu’il remplisse son rôle. Un parafoudre mal raccordé, avec des conducteurs trop longs par exemple, laisse passer une tension résiduelle bien supérieure à celle annoncée sur sa fiche technique.

Cet article suit la démarche d’un installateur : analyse des critères d’obligation, choix du type et de la technologie, protection de déconnexion, puis câblage dans le tableau avec les points de contrôle avant mise sous tension.

Pourquoi un parafoudre : surtensions d’origine atmosphérique et de manœuvre

Un parafoudre limite les surtensions transitoires et écoule le courant de choc vers la terre, pour que les matériels en aval ne subissent qu’une tension compatible avec leur tenue. Deux familles de surtensions sont en cause.

  • Les surtensions d’origine atmosphérique : impact direct de la foudre sur le bâtiment, sur un paratonnerre ou sur la ligne d’alimentation, ou impact à distance qui induit une surtension dans les réseaux. Ce sont les plus énergétiques.
  • Les surtensions de manœuvre : elles naissent des commutations sur le réseau, de la coupure de charges inductives (moteurs, transformateurs, contacteurs) ou de défauts. Moins violentes, elles sont plus fréquentes et fatiguent les composants électroniques progressivement.

Le résultat est connu : destruction brutale d’une alimentation à découpage, ou vieillissement prématuré d’équipements qui finissent par tomber en panne sans cause apparente. Le parafoudre est donc une protection de matériel, et dans certains cas une protection liée à la sécurité des personnes (alarmes, équipements médicaux, sécurité incendie).

Quand la NF C 15-100 impose le parafoudre : critères et cas particuliers

La NF C 15-100 (protection contre les surtensions, partie 4-44, et choix des parafoudres, section 534), complétée par son guide d’application, subordonne l’obligation à une analyse de situation. Il n’existe pas de règle unique « tout logement ». Vérifiez toujours la version et les amendements en vigueur au moment de votre intervention.

Les critères à examiner

  • Présence d’un paratonnerre sur le bâtiment ou à proximité : le parafoudre de tête est exigé, avec un type adapté à l’écoulement de courant de foudre direct.
  • Alimentation par une ligne aérienne, en totalité ou en partie, dans une zone à forte exposition à la foudre (zone dite AQ2) : le parafoudre est exigé.
  • Conséquences pour la sécurité des personnes en cas de défaillance : alarmes, sécurité incendie, équipements médicaux, installations dont l’indisponibilité crée un danger.
  • Conséquences sur la continuité de service ou sur des biens sensibles (tertiaire, locaux techniques, informatique) : l’analyse du risque détermine alors le niveau de protection.

Cas particuliers à ne pas oublier

  • Bornes de recharge (IRVE) : la section dédiée de la norme prévoit des exigences de protection contre les surtensions. Reportez-vous à son texte à jour pour votre configuration.
  • Installation photovoltaïque : elle a ses propres règles côté courant continu et côté alternatif, à traiter en plus de la protection du tableau BT.
  • Extension ou rénovation : l’obligation s’apprécie sur l’installation concernée. Un ajout dans une zone déjà exposée peut déclencher la question.

Même quand l’obligation ne s’applique pas, la protection reste souvent pertinente : proposez-la au client avec un chiffrage séparé. En cas de doute, formalisez par écrit votre analyse (critères relevés, décision, éventuel refus du client) : c’est votre meilleure protection en cas de litige.

Type 1, type 2 : quel parafoudre pour quelle installation

Le type désigne la capacité à écouler une forme d’onde donnée. Le type 1 est testé avec l’onde de courant de foudre directe (10/350), le type 2 avec l’onde de surtension induite et de manœuvre (8/20).

Critère Type 1 Type 2
Rôle Écouler le courant d’un impact direct Limiter les surtensions induites et de manœuvre
Caractéristique clé Courant de choc Iimp Courant nominal In et courant maximal Imax
Emplacement Tableau d’origine de l’installation Tableau général ou divisionnaire
Cas typique Bâtiment avec paratonnerre, site très exposé Logement, tertiaire courant

En pratique :

  • Logement ou petit tertiaire sans paratonnerre : un type 2 au tableau principal suffit dans la grande majorité des cas.
  • Bâtiment avec paratonnerre : type 1 en tête, puis type 2 en aval si les équipements sensibles sont éloignés. Respectez la distance de coordination indiquée par le fabricant, ou prenez un modèle combiné type 1+2.
  • Tableau divisionnaire éloigné : un second parafoudre type 2 protège les récepteurs loin de l’origine, car les oscillations dans les câbles amplifient la surtension.

Contrôlez aussi le niveau de protection Up, qui doit être compatible avec la tenue en tension des matériels à protéger, et la tension maximale de régime permanent Uc, qui doit convenir à votre schéma de liaison à la terre (TT, TN-S). En TT, le montage entre phases et neutre puis entre neutre et terre est courant : suivez le schéma de la notice.

Parafoudre à cartouches débrochables ou monobloc : ce qu’il faut regarder

Point Cartouches débrochables Monobloc
Remplacement après usure On change la cartouche, le socle reste câblé On remplace tout l’appareil et on recâble
Maintenance Rapide, sans retoucher les raccordements Plus longue
Encombrement Un peu plus large selon le modèle Compact, pratique dans un petit coffret
Usage conseillé Sites à entretenir, tertiaire, installations exposées Petits tableaux résidentiels

Quelle que soit la technologie, vérifiez trois éléments avant de commander :

  • l’indicateur de fin de vie visuel, lisible une fois le plastron posé ;
  • la présence d’un contact de télésignalisation si le client souhaite être alerté ou si une GTB le surveille ;
  • le nombre de pôles (1P+N, 3P+N) correspondant à l’alimentation et au schéma de liaison à la terre.

Choisir la protection de déconnexion associée au parafoudre

Le parafoudre doit être protégé contre les courts-circuits de fin de vie et contre les courants de suite. Deux cas se présentent :

  • La protection amont suffit : si le disjoncteur ou le dispositif qui protège déjà l’installation a un calibre inférieur ou égal au maximum indiqué par le fabricant du parafoudre, aucun déconnecteur dédié n’est nécessaire.
  • Un déconnecteur dédié est requis : sinon, installez un disjoncteur modulaire en amont du parafoudre, avec le calibre et la courbe recommandés dans la notice.

Points à vérifier :

  1. le calibre maximal de protection indiqué par le fabricant pour le modèle précis ;
  2. le pouvoir de coupure du disjoncteur, au moins égal au courant de court-circuit présumé au point d’installation ;
  3. le nombre de pôles, cohérent avec celui du parafoudre ;
  4. la compatibilité avec le différentiel : en schéma TT, un différentiel placé en amont du parafoudre doit être de type S ou immunisé contre les courants de choc. Sinon, il risque de déclencher à chaque surtension.

Vous retrouverez les disjoncteurs de déconnexion dans notre rayon disjoncteurs et appareils modulaires ; le choix se fait toujours à partir de la notice du parafoudre retenu.

Câbler le parafoudre dans le tableau : règle des 50 cm, section et liaison à la terre

Un courant de choc dans un conducteur génère une chute de tension inductive proportionnelle à sa longueur. Chaque mètre de câble s’ajoute au niveau de protection Up réellement vu par les récepteurs. C’est pourquoi les prescriptions de câblage demandent de ramener la longueur totale des connexions du parafoudre à 50 cm au maximum, en additionnant le conducteur côté réseau (jusqu’au déconnecteur et au jeu de barres) et celui qui va vers la barrette de terre.

Procédure de câblage

  1. Consignez le tableau et vérifiez l’absence de tension (VAT) avant toute intervention.
  2. Positionnez le parafoudre et son disjoncteur au plus près de l’arrivée, à proximité de la barrette de terre. Cette disposition règle la longueur avant même de couper un conducteur.
  3. Raccordez les phases et le neutre selon le schéma de la notice, en respectant le sens et les repères de bornes.
  4. Raccordez la borne de terre du parafoudre à la barrette de terre du tableau par le trajet le plus court et le plus droit possible.
  5. Serrez au couple indiqué et tirez légèrement sur chaque conducteur pour vérifier le maintien.

Section des conducteurs

Les sections minimales dépendent du type et de la notice. En pratique, on retient des sections plus fortes pour un type 1 que pour un type 2 (de l’ordre de 10 mm² cuivre contre 4 mm² cuivre pour les valeurs minimales usuelles). Appliquez toujours la valeur la plus contraignante entre la notice du fabricant et la norme, et ne descendez jamais en dessous. Utilisez du conducteur vert/jaune pour la liaison de terre.

Liaison à la terre

Un parafoudre ne vaut que par sa terre : il n’écoule pas de courant vers un point de terre dégradé. Avant de câbler, contrôlez la barrette de terre du tableau et sa liaison vers la prise de terre. Si la résistance de la prise de terre est mauvaise ou inconnue, mesurez-la d’abord. Retrouvez barrettes, conducteurs et piquets dans notre rayon mise à la terre.

Quand l’espace manque

  • Si le tableau est trop grand pour tenir 50 cm entre le déconnecteur et la barrette, déplacez la barrette de terre ou ajoutez-en une près du parafoudre.
  • Si les 50 cm ne sont vraiment pas tenables, utilisez le câblage en V (les conducteurs d’arrivée et de départ du réseau sont raccordés directement aux bornes du parafoudre, sans dérivation) lorsque le modèle le permet.
  • Pour un projet de tableau neuf, prévoyez cet emplacement dès le choix du coffret ou tableau électrique.

Erreurs fréquentes et vérifications avant mise sous tension

Les erreurs à éviter

  • Conducteurs trop longs ou en boucle : le défaut le plus courant, qui annule l’intérêt du parafoudre.
  • Câbles du parafoudre torsadés ou posés contre les départs : le couplage injecte la surtension dans les circuits protégés. Séparez-les.
  • Section insuffisante ou conducteur non conforme à la notice.
  • Absence de protection de déconnexion ou calibre supérieur à la valeur autorisée.
  • Différentiel instantané en amont en TT, qui déclenche à la première surtension.
  • Parafoudre éloigné du tableau d’origine sans second parafoudre pour protéger les récepteurs distants.
  • Mauvaise terre : prise de terre dégradée, barrette oxydée ou liaison non vérifiée.

Check-list avant remise sous tension

  1. Parafoudre correspondant au schéma de liaison à la terre et au nombre de pôles.
  2. Longueur totale des connexions mesurée et conforme.
  3. Sections et couleurs de conducteurs conformes à la notice.
  4. Serrage contrôlé sur toutes les bornes.
  5. Disjoncteur de déconnexion de calibre et de pouvoir de coupure adaptés.
  6. Résistance de la prise de terre mesurée, continuité vers la barrette vérifiée.
  7. Indicateur de fin de vie au vert, télésignalisation testée si elle existe.
  8. Étiquetage dans le tableau, avec rappel de la date de pose pour le suivi.

Un point d’attention en vérification : avant un essai d’isolement au mégohmmètre, déconnectez le parafoudre (ouvrez son déconnecteur ou débrochez les cartouches), car la tension d’essai peut le faire conduire et fausser la mesure. Pensez à tout remettre en place ensuite.

Questions fréquentes

Le parafoudre est-il obligatoire dans tous les logements ?

Non. La NF C 15-100 conditionne l’obligation à des critères : paratonnerre, alimentation aérienne en zone très exposée, ou conséquences sur la sécurité des personnes. Examinez ces critères pour chaque chantier et consultez le texte en vigueur.

Peut-on installer un parafoudre sans disjoncteur de déconnexion ?

Oui, si la protection amont de l’installation respecte le calibre maximal indiqué par le fabricant du parafoudre. Dans le cas contraire, un disjoncteur dédié est nécessaire.

Que faire si la liaison au parafoudre dépasse 50 cm ?

Rapprochez le parafoudre de la barrette de terre ou déplacez cette dernière, utilisez le câblage en V si le modèle le permet, ou ajoutez un second parafoudre au plus près des récepteurs sensibles.

Comment savoir si le parafoudre doit être remplacé ?

Un indicateur de fin de vie, mécanique ou à contact de télésignalisation, signale l’usure. Après un orage important, vérifiez-le. Avec des cartouches débrochables, on ne remplace que l’élément usé.

Conclusion : un parafoudre efficace se décide et se câble avec méthode

Déterminer l’obligation selon les critères de la NF C 15-100, choisir le bon type, protéger l’appareil et respecter la longueur de câblage sont les quatre étapes qui font la différence entre un parafoudre décoratif et une vraie protection. Pour préparer votre prochain chantier, retrouvez nos disjoncteurs et modulaires sur elecpromo.com, ou passez au magasin d’Elecpromo, 158 rue Diderot à Pantin. Notre équipe vous aide à choisir le matériel adapté à votre tableau : contact@elecpromo.com ou 01 87 70 61 00.

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